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plan b one step

Plan B (lévonorgestrel)

Au comptoir, la demande de contraception d’urgence arrive souvent dans l’urgence, et les noms se mélangent. Plan B est un nom américain bien connu, mais en France nous délivrons principalement Norlevo et les génériques de lévonorgestrel 1,5 mg. En tant que pharmacien titulaire de la Pharmacie La Reyssouze, je considère que le principe actif compte plus que la marque, et que le délai de prise compte encore davantage. Plan B, Norlevo et les génériques français à base de lévonorgestrel 1,5 mg sont bioéquivalents dans leur composition utile. La différence se situe dans la disponibilité, le conditionnement et, surtout, dans le moment où la femme vient nous voir.

Ce qu’est Plan B

Plan B est une contraception d’urgence orale qui contient 1,5 mg de lévonorgestrel en prise unique. C’est exactement la même dose et le même principe actif que Norlevo 1,5 mg, Lévonorgestrel Viatris, Lévonorgestrel Biogaran, Lévonorgestrel Teva ou Levunique. Le lévonorgestrel est un progestatif de synthèse. À cette dose élevée, il agit principalement en bloquant ou en retardant le pic de LH, ce qui retarde l’ovulation si celle-ci n’a pas encore eu lieu. Il n’interrompt pas une grossesse déjà commencée et ne remplace pas une contraception régulière.

En France, la contraception d’urgence hormonale est disponible en pharmacie sans ordonnance. Depuis 2023, elle est gratuite pour toutes les femmes, sans limite d’âge, sur présentation de la carte Vitale (ou d’une attestation de droits). Nous la délivrons au comptoir après un échange court mais précis : moment du rapport, prise éventuelle de médicaments inducteurs enzymatiques, poids ou IMC, et existence ou non d’un retard de règles.

Plan B, Norlevo et les génériques français

Du point de vue pharmacologique, Plan B et Norlevo sont la même chose. Les génériques français (Viatris, Biogaran, Teva, EG, Cristers, etc.) contiennent également 1,5 mg de lévonorgestrel et sont soumis aux mêmes exigences de bioéquivalence. Au comptoir, nous n’avons pas de raison de préférer une marque à une autre lorsque la composition et le dosage sont identiques. Ce qui change, c’est parfois le prix libre avant remboursement, le conditionnement (plaquette de 1 ou de 2 comprimés selon les présentations anciennes), et la disponibilité immédiate en stock.

Je le dis clairement : si une femme demande Plan B et que nous avons Norlevo ou un générique en stock, nous expliquons que c’est le même principe actif et la même dose. Nous ne créons pas de différence là où il n’y en a pas. La seule vraie différence avec les spécialités françaises, c’est que Plan B n’est pas le nom commercial habituel sur le marché français, et que nous orientons vers les spécialités autorisées et stockées en officine.

CritèrePlan B / Norlevo / génériques LNG 1,5 mgEllaOne (ulipristal 30 mg)
Principe actifLévonorgestrel 1,5 mgAcétate d’ulipristal 30 mg
Délai maximal72 heures (de préférence < 12-24 h)120 heures
EfficacitéDiminue avec le temps (≈ 95 % < 24 h, puis baisse)Plus stable sur 5 jours
Poids / IMC élevéEfficaité réduite au-dessus de 70 kg ou IMC > 25Préféré jusqu’à IMC < 35
Accès en FranceSans ordonnance, gratuitSans ordonnance, gratuit

Le délai, le vrai critère

L’efficacité du lévonorgestrel diminue avec le temps. Les données montrent qu’elle est maximale lorsqu’on le prend dans les 12 à 24 premières heures, puis qu’elle baisse entre 24 et 48 heures, et encore davantage entre 48 et 72 heures. Au-delà de 72 heures, le lévonorgestrel n’est plus indiqué. C’est pourquoi, au comptoir, la première question que je pose est : « Depuis combien de temps ? » Si le rapport a eu lieu il y a moins de 72 heures et qu’il n’y a pas de facteur particulier (poids élevé, inducteurs enzymatiques), le lévonorgestrel est une option adaptée. Si le délai approche ou dépasse 72 heures, ou si le poids est supérieur à 70 kg, nous orientons vers l’ulipristal (EllaOne) ou vers un avis médical pour un dispositif intra-utérin au cuivre, qui reste la méthode la plus efficace jusqu’à 120 heures.

Un point que je rappelle systématiquement : la contraception d’urgence n’est pas une méthode régulière. Son taux d’échec est plus élevé que celui d’une pilule combinée ou d’un dispositif intra-utérin utilisés en routine. Après la prise, une méthode barrière est recommandée jusqu’aux règles suivantes, et un test de grossesse est conseillé si les règles tardent de plus d’une semaine.

Les situations où le choix change

Le poids et l’IMC modifient les recommandations. Au-dessus de 70 kg ou d’un IMC de 25, l’efficacité du lévonorgestrel est réduite, et l’ulipristal est souvent préféré (jusqu’à un IMC de 35). Au-delà, le dispositif intra-utérin au cuivre devient la référence. La prise concomitante d’inducteurs enzymatiques (certains antiépileptiques, rifampicine, millepertuis) diminue également l’efficacité du lévonorgestrel ; dans ce cas, une dose double ou un dispositif au cuivre sont discutés avec le prescripteur.

En cas d’allaitement, le lévonorgestrel est compatible, à condition d’allaiter juste avant la prise et d’attendre environ 8 heures après. Avec l’ulipristal, l’interruption de l’allaitement est plus longue (environ une semaine). Ces détails comptent lorsqu’on choisit entre les deux molécules.

Lorsque une femme a déjà pris une contraception d’urgence dans le même cycle, nous ne recommandons pas de répéter systématiquement. Ce n’est pas une méthode de routine, et une contraception régulière doit être mise en place rapidement. Les règles peuvent arriver en avance ou en retard après la prise, et un test de grossesse reste indiqué si le retard dépasse une semaine.

Ce que je dis au comptoir

Lorsque une femme demande Plan B ou Norlevo, je vérifie le délai, le poids approximatif, la prise éventuelle de médicaments, et l’absence de retard de règles. Je rappelle que le comprimé se prend le plus tôt possible, qu’il peut provoquer des nausées (et qu’il faut reprendre un comprimé si des vomissements surviennent dans les 3 heures), et que les règles peuvent arriver un peu en avance ou en retard. Je propose aussi de parler d’une contraception régulière si ce n’est pas déjà le cas, parce que la contraception d’urgence ne doit pas devenir une habitude.

Nous ne refusons pas la délivrance sans ordonnance lorsque les conditions sont réunies. Nous expliquons la différence avec EllaOne lorsque le délai ou le terrain le justifie. Et nous orientons vers un médecin ou un centre de santé sexuelle lorsque la situation sort du cadre simple (rapport ancien, poids élevé, médicaments inducteurs, retard de règles).

Un autre point que je mentionne souvent : si des vomissements surviennent dans les trois heures qui suivent la prise, il faut reprendre un comprimé. Le lévonorgestrel n’a pas d’effet abortif et ne perturbe pas une grossesse déjà implantée. Il ne protège pas non plus des infections sexuellement transmissibles, et une méthode barrière reste nécessaire jusqu’aux règles suivantes.

Questions fréquentes

Plan B est-il différent de Norlevo ?
Non. Même principe actif, même dose. En France, Norlevo et les génériques de lévonorgestrel 1,5 mg sont les spécialités disponibles.

Puis-je le prendre après 72 heures ?
Non pour le lévonorgestrel. Au-delà, on discute de l’ulipristal (jusqu’à 120 heures) ou d’un dispositif au cuivre.

Est-ce gratuit ?
Oui, en France, pour toutes les femmes, sans ordonnance, sur présentation de la carte Vitale.

Puis-je en prendre plusieurs fois dans le même cycle ?
Ce n’est pas recommandé en routine. Une contraception régulière doit être mise en place rapidement.

Les règles vont-elles arriver à l’heure ?
Souvent oui, mais un décalage de quelques jours est possible. Un test de grossesse est conseillé si le retard dépasse une semaine.

Puis-je le prendre si j’allaite ?
Oui, en allaitant juste avant et en attendant environ 8 heures après. Avec l’ulipristal, le délai est plus long.

Conclusion

Plan B, Norlevo et les génériques français de lévonorgestrel 1,5 mg sont, pour l’essentiel, la même chose. À la Pharmacie La Reyssouze, nous délivrons la contraception d’urgence au lévonorgestrel lorsque le délai est inférieur à 72 heures et que le terrain le permet, nous expliquons qu’elle est d’autant plus efficace qu’elle est prise tôt, et nous orientons vers l’ulipristal ou un avis médical lorsque le délai, le poids ou les médicaments le justifient. Ce n’est pas une contraception de routine, et ce n’est pas non plus un produit différent selon qu’il s’appelle Plan B ou Norlevo. Le bon usage passe par un délai court, une information claire et un relais vers une méthode régulière lorsque la situation se répète.

Sources